Quelle place pour les employés séniors dans la politique RSE des entreprises ?

La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) est aujourd’hui devenue une préoccupation majeure pour les entreprises. Le cadre réglementaire contraint bien sûr les structures au-delà d’une certaine taille. Cependant, même les plus petits acteurs du monde économique s’engagent de plus en plus dans cette voie.

Chez Clairté, nous avons à cœur d’aider les entreprises et leurs salariés pour que chacun trouve sa place et déploie son plein potentiel. La place des séniors dans le monde du travail est un des sujets qui nous animent particulièrement. Alors se poser la question de la place des employés séniors dans la politique RSE d’une entreprise était primordial pour nous. Voici nos réflexions à ce sujet.

Qu’est-ce que la RSE ?

La RSE comporte 3 volets qui s’imbriquent et se complètent :

  • Le volet économique : création de valeur
  • Le volet environnemental : impacts sur la faune, la flore, le climat et les ressources énergétiques
  • Le volet social : impacts humains sur les salariés et autres parties prenantes.

La rencontre de ces 3 préoccupations permet de définir une politique d’entreprise dite « durable », à la fois vivable, équitable et viable.

Comment les entreprises s’approprient-t-elles le volet social RSE ?

Le volet social est forcément celui sur lequel nous nous attardons le plus chez Clairté. Mais il ne peut être complètement décorrélé des 2 autres.

En matière de responsabilité sociale, la Direction des Ressources Humaines intervient au premier plan. Mais elle n’est pas la seule concernée par le dispositif. Ce dernier embarque, bien sûr la Direction Générale, mais également l’ensemble du management de l’organisation.

Ici, nous pouvons distinguer plusieurs composantes du pilier social de la RSE. D’un côté, l’entreprise doit pouvoir assurer les besoins essentiels des individus comme se nourrir, se loger, se soigner, se déplacer… Mais l’objectif est d’aller beaucoup plus loin, en intégrant les notions d’égalité professionnelle et de diversité. Les thématiques soulevées touchent alors :

  • aux conditions de travail,
  • à la rémunération,
  • au handicap…

Deux sujets sont notamment fortement d’actualité : la prévention des risques et la qualité de vie au travail (QVT).

Beaucoup d’entreprises se cherchent encore dans la façon d’organiser la prise en charge du volet social RSE. L’implication des salariés et le dialogue social sont des leviers qui permettent d’accélérer la démarche.

La situation spécifique des séniors en fin de carrière

Les action RSE s’intéressent de plus en plus à la place des séniors en entreprise. Passer un certain âge peut entraîner de nouveaux types de difficultés dans l’univers professionnel. Changements physiques et physiologiques, fatigue, décalages culturels… Les séniors font face à des évolutions personnelles importantes qui peuvent affecter leur engagement et leur performance au travail.

Des situations malheureusement fréquentes sont caractéristiques de cette période de la vie. Par exemple, un sénior peut être amené à endosser le rôle d’aidant familial, d’ailleurs souvent en étant en parallèle parent de jeune étudiant.

Par ailleurs, la cohabitation intergénérationnelle en entreprise, le « travailler ensemble » génèrent de nouveaux problèmes à gérer (lire notre article sur la gestion des relations intergénérationnelles).

L’approche d’une fin de carrière peut être difficile à vivre. Difficultés à se projeter, perspective d’une vie sociale potentiellement moins riche…

L’entreprise peut-elle réellement affirmer gérer le volet social de sa politique RSE sans mettre en place un accompagnement spécifique de fin de carrière ?

Le rôle de l’entreprise dans l’adaptation de la société au vieillissement

L’Etat a mis en place des dispositifs pour faciliter l’adaptation de la société au vieillissement. Il a notamment imposé aux entreprises de plus de 50 salariés un certain nombre d’actions pour inciter au maintien dans l’emploi des séniors. Voici ce que prévoit la loi de Financement de la Sécurité Sociale de 2009 :

  • Recruter des séniors dans ces entreprises
  • Prévenir les risques liés à la pénibilité du travail et adapter les conditions de travail
  • Accompagner les évolutions des carrières professionnelles
  • Permettre l’accès à la formation, favoriser le développement des compétences et des qualifications
  • Assurer la transmission des connaissances et des compétences et développer le tutorat.

 

En agissant de la sorte, l’Etat entérine le rôle fondamental de l’entreprise auprès des séniors en pointant du doigt les enjeux pour la société. En effet, une fin de carrière heureuse, épanouissante et adaptée aux contraintes liées à l’âge soutient la santé des collaborateurs. Les retraités qui ont bien vécu cette période professionnelle sont plus susceptibles de s’épanouir à la retraite. Et cela impacte directement leur état de santé physique et psychologique. Au-delà des individus eux-mêmes, c’est alors tout le système de Sécurité Sociale qui en bénéficie.

Au-delà du cadre réglementaire, comment l’entreprise peut-elle agir ?

Bien sûr, l’entreprise peut agir en faveur des séniors au sein même de sa structure. Mais sa responsabilité sociétale est plus large. Elle peut aussi aider le futur retraité à préparer et trouver sa place dans la société après sa vie professionnelle. Clairté propose, en ce sens, des accompagnements et formations aux futurs retraités.

Une autre démarche encore insuffisamment pratiquée peut également insuffler une belle dynamique : le mécénat de compétences. Avec ce dispositif, l’entreprise met à disposition d’associations ou autres structures de son territoire l’expérience et les compétences de ses collaborateurs. Cela peut être une façon utile d’exercer son rôle sociétal !

Mettre en place une vraie politique RSE impacte tous les pans de l’entreprise et pas seulement le volet de l’environnement. Les aspects humains doivent être au cœur des préoccupations pour engager chaque collaborateur dans une démarche collaborative. Chacun a un rôle à jouer, juniors comme séniors !