Ménopause et discrimination au travail : quel rôle pour l’entreprise ?

La ménopause touche toutes les femmes un jour ou l’autre. Le phénomène se produit généralement entre 45 et 55 ans, le plus souvent autour de 50 ans. Alors, non, ce n’est pas une maladie ! Pourtant, ces symptômes peuvent être particulièrement handicapants dans le quotidien d’une femme active… Mais chut… on n’en parle pas au travail. C’est intime. On ne mélange pas vie privée et vie professionnelle ! Alors, entre ignorance et stigmatisation, que choisir ? Si l’on ne fait rien, c’est toute une société qui installe une forme de discrimination dans le monde de l’entreprise.

La ménopause : un tabou en entreprise

Pourquoi la ménopause est-elle si taboue ? Les femmes n’osent pas en parler… Selon l’étude d’Alan, assureur santé indépendant, 22% des concernées ne se sentent pas légitimes d’aborder le sujet au travail. Et même dans le cercle privé, seule 1 femme ménopausée sur 2 est à l’aise pour en parler. C’est vrai que les réactions de l’entourage ne sont pas toujours faciles à vivre. Entre taquineries et incompréhension, voire dévalorisation, le sentiment de honte est omniprésent.

Quels sont les symptômes de la ménopause ?

Tout d’abord, la ménopause est une période de la vie d’une femme qui peut durer plusieurs années. Elle correspond à l’arrêt définitif de l’ovulation et à la disparition des règles.

Voici quelques exemples de ses manifestions possibles :

  • Bouffées de chaleur, sueurs, frissons, malaises et vertiges, palpitations
  • Troubles urinaires
  • Fatigue, insomnies, difficultés à se concentrer
  • Maux de tête
  • Irritabilité et anxiété

Mais la ménopause signifie aussi la fin d’une tranche de vie, pas toujours facile à accepter psychologiquement.

Un phénomène isolé en entreprise ?

Toujours selon l’étude d’Alan, 64% des femmes actives de 40 à 62 ans sont ménopausées. Cela commence à peser dans la balance ! Certes, toutes les femmes ne ressentent pas, avec la même intensité, les effets de ces changements biologiques. Mais elles sont quand même 51% à déclarer que la ménopause a un impact sur leur travail. Alors, avec un phénomène tellement « vécu », comment comprendre que la parole ne soit pas plus facile à délier… Quel chemin culturel nous avons à parcourir pour cela !

Et pourtant, les entreprises sont au premier chef concernées. Car dissocier corps et esprit, c’est possible sur le papier, mais dans la vraie vie, c’est plus compliqué ! En effet, les troubles que la ménopause soulèvent peuvent affecter le quotidien au travail. Si l’on n’en tient pas compte, peut-on vraiment s’attendre à maintenir le même niveau d’engagement, de performance et de motivation ?

La ménopause peut-elle nuire à la carrière des femmes ?

Les effets de la ménopause peuvent aller au-delà du désengagement. Dans certaines situations, ils peuvent freiner les femmes dans leur ambition professionnelle. Elles sont 10% à l’affirmer, selon la même étude. En effet, les lieux de travail sont souvent peu aménagés pour atténuer leurs symptômes. La promiscuité avec les collègues apporte également son lot de gênes. Et la fatigue entraîne des absences ou des baisses de productivité.

Et l’andropause chez les hommes ?

Oui, l’andropause existe, même si elle reste méconnue et tout aussi tabou que la ménopause… On pourrait parler d’équivalent de la ménopause chez l’homme, mais ce ne serait pas tout à fait correct. L’andropause correspond à une baisse des hormones mâles et se traduit par des changements physiologiques, physiques, et une libido affaiblie. Contrairement à la ménopause, l’andropause ne touche pas tous les hommes, et tous de la même façon et au même âge. Mais comme chez les femmes, ce phénomène peut entraîner de la fatigue ou de l’irritabilité.

On peut alors se demander jusqu’à quel point l’entreprise peut ignorer ces changements qui restent aujourd’hui de l’ordre du privé.

Fermer les yeux ou agir : jusqu’où l’entreprise peut-elle aller ?

Pas si simple d’agir, même en étant convaincu. Pour autant, l’entreprise ne peut rester les bras croisés. Ouvrir le dialogue, être à l’écoute et apporter de la considération sont les premiers gestes à mettre en place.

Il existe aussi des moyens concrets et relativement peu complexes à activer. Par exemple, prévoir de ventiler suffisamment les bureaux, installer des fontaines à eau et faciliter l’accès aux toilettes. Et il peut être judicieux de permettre aux femmes concernées d’aménager leurs horaires de travail.

Mais d’autres actions plus profondes semblent aujourd’hui indispensables, comme sensibiliser et former RH et managers.

Lutter contre la discrimination professionnelle liée à l’âge

Finalement, la ménopause est un phénomène parmi d’autres lié au vieillissement naturel. Et c’est le regard que l’on pose sur l’âge dans l’entreprise qui est pointé du doigt. La discrimination liée à l’âge, l’âgisme, peut avoir des conséquences dramatiques sur les individus et sur le fonctionnement des entreprises.

Ces dernières ont plus que jamais besoin d’accueillir la vie privée sur le lieu de travail. Les être humains ne peuvent continuer d’accepter cette schizophrénie.

Pour conduire ce mouvement délicat au sein des équipes, CLAIRTÉ se tient à votre disposition. Nous accompagnons les services RH et les managers dans l’évolution des pratiques managériales.